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L'astrologie au XVI-XVIIème siècle : prémices d'une disparition et d'une nouvelle astrologie

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Message par Philippe PC le Ven 1 Mar 2019 - 10:33

De Giuseppe Bezza :

S'il y a une période tourmentée et cruciale dans l'histoire de l'astrologie, elle se situe précisément entre le XVIème et le XVIIème siècle, à savoir entre le fossé religieux de la contre-réforme et les débuts d'une vision moderne de l'histoire et de la science.  C'est précisément au cours de cette période que l'on assiste à certaines parmi les plus extravagantes des propositions dans le domaine astrologique, comparables seulement à certaines fantaisies barbares de ces dernières décennies.  On voit par exemple le physicien et mathématicien Bartolomeo Torrine affirmer, vers la moitié du dix septième, l'inefficacité des nœuds de la Lune, des décans et même des trigones et des sextiles!  Mais c'est surtout, dans cette période que se situe la révision Képlerienne de l'astronomie et, par conséquent, la naissance d'une astrologie dite «naturelle»; celle-ci se référant à Képler, met en doute les exaltations et toute autre dignité céleste, comme d'ailleurs des douze maisons du cercle de la géniture; d'autre parts afin d'insérer la Terre dans l'espace, cette nouvelle astrologie, abandonne les phases et les stations des astres et multiplie, par contre, les aspects polygonaux.  L'anglais Joshua Childrey (1623-1670), qui entendait libérer l'astrologie de ses pères pour que les fils s'en voient enseigner une, toute nouvellement régénérée, en est un clair représentant.  C'est là qu'on trouve la séparation la plus nette avec l'astrologie ptolémaïque, laquelle, reposait non seulement sur les apparences du mouvement des planètes, mais aussi que des aspects polygonaux bien délimités («Chaque astre lance sept rayons, trois supérieurs, trois inférieurs et un diamétral.  Les supérieurs sont droits, les inférieurs sont gauches», Porphyre, Introductio in CL. Ptol., CCAG, V, 4, pag. 198).  Les autres rapports sont indiqués par les cercle horaires (on trouve les signes antisciaux, les signes qui se voient et ceux qui s'écoutent).

La fondation d'une astrologie révisée, qui prétend se fonder sur une explication physique et naturelle propre à son temps, produit un double effet: d'un côté elle accélère sa disparition parmi les «sciences» au moment même où elle se met à leur dépendance; de l'autre côté, en coupant la continuité de la tradition, elle n'est plus à même de comprendre ni le grec de Ptolémée, ni le latin de Manilius, ni, à plus forte raison, le latin arabisé de nos plus grands prédécesseurs du Moyen Age.  Douloureusement séparée de son origine eschatologique, religieuse et magique, elle se trouvera bientôt isolée, refusée en tant que science et elle sera mise dans la condition d'être désormais incapable d'expliquer la nature entière.  Cela sera par contre, dans le siècle suivant, le but et la prétention de l'illuminisme sur la base de la physique mécanique.

Ce n'est donc pas un hasard si, au milieu du XVIIème siècle le français Claude Saumaise (De annis climactericis et antiqua astrologia diatribae, Leyden, 1648), un des premiers historiens de l'astrologie classique, remarquera l'extrême diversité de l'astrologie de son siècle face à celle des anciens.  Certes, l'adaptation de l'astrologie aux nouvelles exigences de la «physique naturelle» a été sans doute éprouvée, par les astrologues du XVIIème siècle, en tant qu'une nécessité improrogeable.  En même temps, cela ne pouvait pas se passer sans une sorte de conciliation du neuf et du vieux, en adaptant ce dernier aux buts de la nouvelle science naissante, et souvent en le changeant, en le découpant, en déplaçant d'un niveau à l'autre des propositions qui souffraient d'être retirées d'un ensemble organique.  Que l'on songe à la transformation de Jupiter, planète chaude et humide, en planète chaude et sèche opérée par Morin de Villefranche.  Pourquoi ce changement?  Parce que désormais les qualités des planètes, doivent avoir une nature physiquement «explicable» et pour être bien fixées une fois pour toutes doivent rigoureusement correspondre à la qualité du signe zodiacal qui est leur domicile (diurne).  Jamais aucun astrologue grec aurait pu songer à faire une telle relation, voire même à instaurer une si étroite dépendance entre le signe et la planète.  D'ailleurs, pour ce qui est de l'intervention des astres errants sur l'état météorologique, les planètes n'émettent qu'un influx dû à un élément premier, alors que le signe conserve toujours un élément double: Saturne, froid, Jupiter, humide, Mars, sec, Vénus chaud, Mercure le vent humide (cfr. Ptolémée, Apparitiones, ch. 8 ).  Paradoxalement, c'est la raison principale d'un des grands défauts d'aujourd'hui: en même temps qu'on perd la connaissance de la planète, on augmente démesurément l'importance du signe zodiacal et de sa fonction.  Qu'est-il advenu de la liberté absolue des planètes vis-à-vis des signes, maintes fois rappelée, même par les religions du Moyens Orient?
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Message par Nathalie le Sam 2 Mar 2019 - 1:53

Excellent extrait très instructif sur le "début de la fin" de l'astrologie traditionnelle ! merci
on voit bien ce que ces "réformes" ont donné , maintenant il faut tout reconstruire ...
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Message par Philippe PC le Sam 2 Mar 2019 - 2:00

il y a du boulot, car des pseudos astrologues comme des Larzul ou des Mandl, qui n'ont que leur seule haine comme argument, continuent de diffuser des erreurs monumentales en astrologie et qui la détruisent. C'est pas gagné avec de tels personnages qui se pensent au dessus des autres. Mais on y travaille et heureusement, il y a des astrologues de grandes qualités qui font un travail remarquable, comme des Denis Labouré, Chris Brennan, Ben Dykes, etc.
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Message par Nathalie le Dim 3 Mar 2019 - 0:53

... et des Philippe PC Wink  dans son coin , tranquille , l'air de rien ...
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Message par Philippe PC le Dim 3 Mar 2019 - 1:54

Tu es trop gentille, je n'ai certainement pas le talent de ces astrologues là, mais j'essaye d'être me plus à la hauteur pour donner, gratuitement, ce que je sais, bien que cela énerve pas mal d'astrologues qui se disent professionnels mais qui en réalité ne connaissent pas l'astrologie, en tout cas, moins que je ne peux la connaître. Je comprends quelque part leur haine envers moi que je peux lire sur facebook parfois, même si parfois ils vont tellement loin que cela en devient indigne d'un astrologue.
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